Aller au contenu principal

Clin d'oeil : le Do It Yourself patrimonial

Vitrine

La Bibliothèque Adultes met à l'honneur, en ce mois de février, le recyclage et le "Do It Yourself". Le Secteur Patrimoine en fait de même.

Vitae pontificum de Bartolomeo Sacchi, dit « il Platina »

L’ouvrage de Platine fait partie des incunables conservés à la bibliothèque de Chalon-sur-Saône.

Les incunables sont les premiers livres imprimés en Europe avec des caractères mobiles avant le 1er janvier 1501. Le mot « incunable » signifie que le livre a été imprimé à l’époque où l’imprimerie typographique était encore au berceau (incunabula).

Une des particularités de cet ouvrage provient de sa couvrure. En effet, il s’agit d’une page de manuscrit sur parchemin, probablement écrite au siècle précédent. L’écriture en gothique textura nous donne à lire des textes religieux dont l’Epître de saint Paul aux Thessaloniciens (Chap. V-23).

Le réemploi de pages de manuscrits antérieurs s’observe quelquefois dans les reliures d’ouvrages de bibliothèques, ou de registres d’archives.

La raison est probablement purement pragmatique. Le manuscrit ne semble plus avoir d’intérêt, or ses pages sont en parchemin et ce matériau est résistant. On va donc récupérer les pages pour réaliser des reliures à moindre coût.

On peut parfois également rencontrer des parties de manuscrits sur parchemin, découpées aux dimensions du dos de l’ouvrage et utilisées alors comme renfort.

Le philosophe chrétien de Johann Heinrich Samuel Formey

Les 2 volumes de ce titre arborent de curieuses couvertures à motifs. Ce type de papier porte un nom particulier, il s’agit de papier dominoté.

La dominoterie, c’est la conception, la fabrication ou le commerce de feuilles de papiers peints, et imprimés en couleur de motifs géométriques ou floraux.

La technique d’impression employée est la xylographie. On utilise pour cela une planche de bois que l’on nomme « moule » gravée de motifs. On encre le moule, puis on le presse sur une feuille de papier. On le rehausse ensuite de couleur soit au pochoir soit avec d’autres moules dont les motifs correspondent à l’application d’une couleur dans le motif.

Ces papiers dominotés ont de multiples usages mais le plus souvent ils servaient pour décorer des boîtes ou tapisser des murs. Certaines feuilles étaient détournées de leur usage premier pour servir de couvrure pour les livres fraîchement sortis des presses de l’imprimeur.

Ces couvertures provisoires aux couleurs chatoyantes permettaient de mettre en valeur l’étal du libraire. Le lecteur, une fois l’ouvrage acheté, faisait relier son ouvrage par un relieur qui le plus souvent supprimait ces papiers dominotés au profit d’une reliure en cuir.

Sur les 2 volumes présentés ici, nous avons 2 exemplaires de papiers dominotés avec le même motif provenant de « Paris, chez les Associers ».

Cette fabrique aurait été active de 1751 à 1788. Il s’agirait d’une association de plusieurs dominotiers parisiens qui auraient passé des accords avec des marchands orléanais pour importer des stocks de papier ou emprunter leurs bois gravés.

Pour en savoir plus sur les papiers dominotés, nos collègues de Rosalis, Bibliothèque numérique patrimoniale deToulouse, ont mis en ligne un très bon article.

Lire l'article