Fathi, tunisien d’une vingtaine d’années, issu d’une famille de sept enfants, réside dans un quartier populaire et regarde son pays avec amertume. Trop de souffrances jalonnent son quotidien : les humiliations d’un père intraitable, l’hiver glacial et l’été brûlant sans aucun confort moderne, le travail à l’usine et la loi du plus fort, la condition féminine…
Une seule issue pour échapper à cette vie trop dure : Rejoindre la France.
Et nous voilà partis dans le bouillonnement de ce voyage initiatique, où le rejet du pays d’origine est omniprésent, mais ponctué d’événements drôles et hauts en couleur.
Loin des catalogues pour touristes, l’auteur évite l’écueil du misérabilisme et nous imprègne de la Tunisie d’aujourd’hui. Au passage, elle ne se prive pas pour dénoncer la façon de penser des français, car « même au pays des Lumières, il y a parfois des pannes d’électricité ». Et ce n’est pas le cousin Moustafa qui dira le contraire !
Le langage vif et rythmé, illustré d’expressions arabes palpables, donne au récit toute sa dimension.
L’auteur, Joëlle CUVILLIEZ, a été professeur d’arabe en Tunisie et journaliste en banlieue parisienne. Elle adore voyager et dit d’elle-même qu’elle « aime (dans le désordre) écrire, lire, parler ».
Au final, on ne fait qu’une bouchée de ce roman, et les éditions rhubarbes ne s’y sont pas trompées, en intégrant ce texte dans leur « potager littéraire ».
Il fait d’ailleurs partie des livres sélectionnés par le prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne, saison 2009/2010.